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La mort de mon père
en 2005 a
ouvert en moi un gouffre que la réalisation de cette pièce a contribué à
pacifier, d’autant plus que de format atypique, elle a longtemps encombrée les
étagères de notre minuscule atelier en attendant une opportunité de cuisson.
Comme j’avais expliqué à mes collègues qu’il s’agissait du portrait de mon
géniteur, elles en avaient repris le thème en disant Attention à Papa, chaque
fois qu’un déplacement intempestif en menaçait l’équilibre précaire. Cette
prise en charge collective m’a céramiquement
sauvé la mise, me donnant le temps d’assumer le cou maigre dans un col trop
large, le déni et le western sous jacent. La moustache n’est pas anodine. Je
la lui ai toujours connue. Lorsqu’un jour, dans mon adolescence, il la coupa,
ma mère se mît à pleurer. Il lui a immédiatement annoncé qu’il allait se la
laisser repousser.
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